Représentation de la mort suivant l'âge

 

L'enfant va peu à peu passer du ressenti de l'absence, à la notion de mort irréversible, inéluctable et universelle..

Le tout petit: L'enfant a une perception aiguë de tout changement d'atmosphère familiale. Cela suscitera tristesse, peur, angoisse. Il a notion de l'absence physique, il manque une voix, une odeur, une présence. Sa dépendance vis à vis de l'adulte qui prend soin de lui le rend très sensible aux expériences de séparation.

Vers 8 mois: Le bébé a peur que sa mère disparaisse physiquement. Les jeux où l'on  se cache derrière ses mains sont importants, de même le jeu où l'enfant laisse tomber un objet. Cela le rassure, la mère ou l'objet qui n'étaient plus visibles existent toujours.

De trois a six ans: La séparation n'est plus simplement physique elle est aussi affective.. Le mot mort fait partie de son vocabulaire. L'enfant a été confronté à la mort d'un insecte, à la mort  virtuelle dans les dessins animés... La notion de mort se met en place, mais elle est perçue comme temporaire. Avant cinq ans l'enfant a pris l'habitude de voir disparaitre et réapparaître les personnes qui lui sont proches. Il les a toujours vu revenir. La mort comme une séparation définitive est donc difficilement concevable pour lui. l'enfant demande quand la personne va revenir, il l'attend.

A cet âge l'enfant pense être à l'origine de tout et peut imaginer être responsable de ce qui vient d'arriver.

A cet âge il est tr-s imprégné de la "pensée magique", exemple: Son papa l'énerve, l'enfant pense: Oh s'il pouvait partir ou mourir§ Si le père a un accident et qu'il meurt l'enfant pensera que c'est sa pensée qui a fait mourir son papa, il se sentira coupable et responsable.

Pour le jeune enfant les êtres décédés sont encore conscients. Il commence à poser des questions sur le devenir de la personnes morte et sur la mort. "Est-ce que mon chat aura froid lorsqu'il neigera?"

De 6 à 8 ans, quand on est mort, c'est pour toujours. La notion d’irréversibilité se met en place. l'enfant a besoin de savoir, il pose des questions: "Comment c'est qu'en on est mort?"Il y a un intérêt technique sur la mort.(expériences un peu glauques) Il examine de près un oiseau mort, arrache une patte à une mouche morte...)Il posera des questions sur le cercueil, le corps, la décomposition.... L'enfant a besoin de participer au groupe social lors des rites funéraires.

A 6 ans, la distinction entre la mort et le sommeil parait acquise, la notion d'insensibilité  après la mort, est en voie de l'être, celle de l’irréversibilité et de l'universalité ne le sont pas du tout.

A 7 ans, la notion d'insensibilité après la mort est acquise, celle de l’irréversibilité est en voie de l'être, mais pas l'universalité. Il commence à comprendre que les fonctions vitales, s'arrêtent après la mort. Tant que l'enfant n'a pas atteint la notion d’irréversibilité, il faut répéter, répéter... que quand on est mort, on ne revient pas. ce n'est pas comme dans les jeux,  on ne peut pas gagner une autre vie.

A 8 ans L’irréversibilité de la mort est acquise, son devenir bien perçu. La notion d'universalité est en voie d'acquisition. Vers 7, 8 ans le lien entre le monde des vivants et des morts n'est pas clair (fantôme...). La mort peut parfois être personnifiée, perçue comme un monstre, un esprit.

De 8 à 10 ans: La mort arrive un jour ou l'autre, c'est un passage obligé. La notion d'inéluctabilité se met en place Pour les enfants de cet âge dans notre société occidentale, la mort arrive quand on est vieux. sauf s'il ont été confrontés dans leur vie à des décès de jeunes.

Il faut  attendre l'âge de 9 ans pour que la distinction entre la vie et la mort soit totalement intégrée. L'enfant a enfin assimilé les notions d'irréversibilité de la mort (du plus jamais ce sera comme avant), d'universalité (c'est pour tout le monde) et d'auto implication (la mort est pour moi aussi, un jour). L'enfant comprend que la mort est inscrite dans la nature de l'homme. Il arrive à mieux s'exprimer et à décrire plus finement ses émotions.

De 10 à 12 ans: la mort touche tout le monde quel que soit l'âge et elle me touchera. La notion d'universalité est:place.Le jeune comprend que toutes les formes de vie meurent.

C'est vers 12 ans que les attitudes à risques commencent, par besoin de tester cette notion d'universalité (jeu du foulard, conduite sans casque...)

Au delà de 12 ans la notion de mort est assez semblable à celle de l'adulte. son esprit jusque là purement concret accède à la pensée abstraite, le jeune commence à réfléchir au sens de la vie et se pose des questions sur le sens de la vie, et se pose des questions sur la mort, celle de ses parents, ainsi que sur la sienne.

Bien sûr il y a une représentation de la mort suivant l'âge, mais chaque enfant va à son propre rythme selon son vécu, son développement cognitif et affectif, l'appartenance à son milieu et la façon dont les adultes qui l'entourent répondent à ses questions.

L'enfant vit toujours la mort d'un proche avec culpabilité même s'il ne l'exprime pas avec des mots,. Il faut donc toujours le déculpabiliser.

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