La position des adultes

Les adultes pensent protéger leurs enfants en n'en parlant pas, en les éloignant lors des décès des proches.


Les adultes pensent que les enfants sont trop jeunes et qu’ils ne vont pas comprendre.


Les adultes pensent que les enfants ont le temps d’être confrontés à la mort, ils pensent ainsi protéger les enfants en évitant ce sujet.
 

Les adultes ne savent pas comment parler de la mort aux enfants parce que, entre autres, personne ne sait réellement ce qu’est la mort, personne ne l’a expérimentée. Cela permet à l’enfant et à l’adulte d’être sur un pied d’égalité.
 

Les adultes ne souhaitent pas montrer aux enfants qu’ils n’ont pas toutes les réponses et sont démunis devant ce thème qui les effraie. Ils ont aussi peur des questions des enfants.
 

Parler de la mort avec un enfant, un ado, un adulte suscite des émotions. Surtout, lors d’un deuil, les adultes sont submergés par leurs propres émotions, c’est pourquoi il ne faut pas attendre d’être en situation  de crise, de deuil, pour en parler.

Les adultes ne savent pas quoi dire.

Certains adultes édulcorent leur vocabulaire ou la réalité pensant à tord bien faire.

Une maman me racontait: "j'ai dit à ma fille que sa grand-mère était une étoile. Maintenant elle est persuadée que sa grand-mère la suit du regard tout le temps. elle me dit voir ses yeux. Quand elle me raconte cela je trouve ça flippant.  Que faire? Comment maintenant lui dire  que  ma maman, n'est pas réellement une étoile. Je lui ai menti."

Une petite fille ses parents sont aux obsèques de son arrière grand-mère. je la garde pour l'après-midi. Marie regarde beaucoup à la fenêtre. Attends elle le retour de ses parents? Quand tout d'un coup elle me dit:" Je le savais bien que mémé Léa ne pouvait pas monter au ciel, elle est trop grosse. Je ne l'ai pas vue passer, elle n'est pas au ciel." Et derrière cette phrase l'angoisse pour sa grand-mère trop grosse qui ne peut pas aller au ciel avec les autres......


Quand trop protéger revient à mettre en danger.
Notre société a élevé l’enfance au rang d’une période de la vie devant avant tout être protégée. Comme l’explique Patrick Ben Soussan, pédopsychiatre « Nous voulons proposer à nos bambins un monde sans frustration, sans solitude, sans absence, sans malheur et sans mort. Et nous pensons réussir ainsi à les mettre à l’abri de la souffrance. Quelle erreur ! Tout d’abord, parce que l’absence est fondatrice de la vie psychique. Lorsque sa mère disparaît régulièrement de son champ de vision, le nourrisson est contraint à créer des représentations en mobilisant le souvenir de sa présence et de la satisfaction qu’il pouvait en tirer. C’est cet éloignement qui permet l’élaboration des symboles. Ainsi, le bébé va-t-il investir un objet doux et agréable qui va lui rappeler l’existence de sa mère et l’aider dans l’attente de sa réapparition : c’est le doudou, le ninnin, la tutute… qui a d’autant plus de chance d’agir qu’il sera imprégné de l’odeur de la mère ». Le psychanalyste Donald Winnicott donna à ce support destiné à rassurer et à réconforter l’enfant, le nom d’objet transitionnel.

 


Comme le dit le docteur Ben Soussan, ce n’est pas tant de la mort dont les enfants ont fondamentalement peur, mais de l’absence et de l’abandon ... Autre conséquence de la tentative pour éduquer un enfant dans un monde aseptisé et sans risque : lorsque le danger survient, n’y ayant jamais été préparé, celui-ci ne saura comment y faire face. Il ne faut donc pas hésiter à confronter l’enfant aux différentes épreuves de l’existence, aux frustrations et en premier lieu à la mort.

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now