Réflexions sur l'accompagnement

"La société française, lorsqu'elle est confrontée à des questions de santé, souffre d'une contradiction permanente, celle d'avoir les meilleurs soins techniques issus de la recherche médicale objective, tout en étant reconnu comme une personne singulière dans son propre environnement avec ses souhaits, voire ses exigences personnelles. Cette rencontre médecin-malade risque alors de souffrir de cette contradiction qui peut susciter autant de malentendus que de souffrance.

Le malade se perçoit abandonné ou dépendant des actes techniques de soins ou diagnostiques déshumanisants. Le médecin, de son côté peine à lâcher prise de son savoir et de sa finalité d'efficience. Le bénévolat est là pour apporter le regard de la société, dénué à priori de conflits d'intérêts, simplement destiné à manifester la solidarité d'un homme, d'une femme, sans lien social direct avec le malade, solidarité à l'égard de celui ou celle devenu pour un moment le ou la plus vulnérable de tous.

Cette présence change tout, elle ouvre la porte de la chambre du malade sur un autre univers, celui de l'univers non soignant. Mais bénévolat  ne signifie pas simplement bonne volonté, compassion, générosité. Cette présence doit être en effet pensée avec intelligence, précédée d'une formation à la relation pour ne pas céder à la tentation de la curiosité de l'autre. Il y faut persévérance, de la joie à donner, de la discrétion, de la disponibilité, une capacité de silence et d'écoute et non de bavardage envahissant et vide. d'où la nécessité de formation, d'engagement, donc la responsabilité d'associations. Les soins palliatifs constituent le vivier le plus nécessaire des bénévoles. Sans eux, une pièce majeure de la relation manque..

La nécessité de leur accueil par des équipes soignantes s s'accompagne d'un travail de reconnaissance mutuelle de la place différentes des soignants et des bénévoles.

Mais l'hôpital n'est pas le seul lieu de leur engagement. A domicile soulager une famille épuisée par un accompagnement d'un malade, sans se substituer à elle, peut rendre d'immenses services. de même apporter un regard neuf qui accepte parfois de servir de médiateur entre une équipe médicale et une famille bouleversée peut constituer une tâche gratifiante.

Le bénévolat a un futur plus ouvert que jamais en France. Il constitue même l'ossature de l'espérance d'une société plus humaine."

J'ai découvert le bénévolat comme une nécessité à travers un parcours de soins, je peux parler d'aventure je pense, c'est l'aventure d'une soignante  qui a découvert les bénévoles, leur nécessité et je suis une soignante inconditionnelle de ces bénévoles.

C'est un long chemin, je pense qu'il y a un fil rouge dans tout cela. d'abord je suis passée de soins strictement techniques, c'était la formation de l'époque, à des soins qui s'adressaient à une personne, qui tenaient compte de cette personne dite dans sa globalité. C'est qu'une personne a mille facettes et à partir du moment où l'on découvre la richesse de cette personne et sa profondeur, il devient nécessaire de travailler avec d'autres, c'est -à-dire que l'on ne peut plus faire en soi chacun de son côté, cela nécessite l'apport de plusieurs personnes. Je me suis rendu compte aussi que les soins n'étaient pas tout et qu'il fallait beaucoup écouter le malade.

Il m'arrivait de temps en temps de prendre la tournée d'une infirmière puisque j'étais en responsabilité pour voir ce que pouvait exprimer les malades ou leur famille.  Un jour, j'ai été chez une grande malade atteinte de cancer et la malade m'a dit:"Mais madame Catant vous allez vous assoir". Mais je n'avais pas le temps, j'étais dans la situation de l'infirmière qui doit aller plus loin puisque l'autre malade l'attend lui aussi et cette malade a eu un cri qui m'habite encore :" je paierais quelqu'un pour m'écouter".

Donc cela a été une prise de conscience qui m'a dit il faut agir. Une personne qui est dans l'épreuve a besoin que l'on prenne soin d'elle, la mort est semble-t-il le moment où cette solidarité doit le plus jouer.

Le place du bénévole est incontournable pour que la personne reste pleinement humaine, pleinement vivante jusqu'à son dernier moment. Ma vie est ce qu'elle est aujourd'hui grâce à tout cela, je pense que l'accompagnement m'a accompagné.

Les témoignages parlent à eux seuls . Ils expriment à la fois la légèreté, la délicatesse, la joie, la profondeur de cette belle aventure d'accompagnant bénévole.

Ce qui fonde le bénévolat est avant tout une dimension relationnelle. Le bénévole est là, présent, disponible, pour écouter, parfois pour briser la solitude de celui ou celle qui fait face à la maladie et à la mort. Il ne remplace pas les soignants ni les proches de la personne malade. L'accompagnant est un témoin, un être humain qui exprime simplement sa solidarité avec un autre être humain, dans le respect des différences et du désir de celui qu’il accompagne.

Grâce à des formations et des groupes de parole, le travail d’écoute est au centre de l’engagement des bénévoles d’accompagnement.

Didier Sicard

Président du Comité Consultatif

National d' Éthique

pour les sciences de la vie et de la santé.

"J'ai pu parler à cœur ouvert"

édité par le CABA

(collège des associations de bénévolat. d'accompagnement.

Chantal Catan

Cadre de santé pionnière de l'accompagnement bénévole à JALMALV

"J'ai pu parler à cœur ouvert"

édité par le CABA

(collège des associations de bénévolat. d'accompagnement.

JALMALV

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